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Windflower #YeonKi
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Force (1) ~ Perception (4) ~ Endurance (4) ~ Charisme (5)
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"Je continuais à te sourire. Malgré une douleur au fond de mon coeur, ce fragment de soleil sur mon visage s’avérait sincère. Et si tu entrevoyais au coin de mes yeux, la pluie perler, rappelle-toi que c’est ainsi que naissent les arc-en-ciel." #YeonKi


Ra On
Rayon de Soleil filtrant à travers les nuages, de la chaleur de son sourire elle resplendit. Impétueuse et victorieuse, elle respire la vie à plein poumons. Enfermée, sa gorge s'assèche d'un désir de liberté. Princesse intrépide, elle défie fièrement le danger. Jolie effrontée qui sous son nom de naissance a hérité de la grâce de la Joie.


Yeonwoo
Clarté lunaire, caresse apaisante, du bout de ses doigts elle confère la douceur. Aimante, elle défend et protège ceux qui lui sont chers. Son esprit se déchire à la vue des conflits entre tous ceux auxquels elle tient. Insaisissable orpheline, elle est l'enfant de tous et de personne. File au gré du vent en quête d'un amour éperdu. Clair de lune dessiné par les nuages sous la bénédiction d'une pluie scintillante.




Elle est le soleil qui réchauffe,
l’orage qui gronde, l’étoile qui scintille,
la lune qui éclaire dans l’obscurité.





ϟ HUN ✭



I’ve never forgotten about you even for a single day
In this life, next life
Even if I can meet you I tear up because of you
Even if the sad fate’s shadow covers me
I can’t get rid of myself who loved you ♫




I miss you, I miss you so much, I can’t ever forget you
My tears, my heart is calling you
I love you, I love you so much, I can’t ever let you go
I’m lost behind you
So I’m only crying My Love ♫




My One and Only You
If only you can see
my frozen heart someday
Like a miracle, like a dream
I hope you will be there,
when I dreamed of you
Eventually, in the end,
I hope we will become each other's desperate wish




I Believe ღ



Explorateur Unité C • leurre
MessageSujet: Re: Windflower #YeonKi Mer 3 Jan - 21:59

À travers ces mots que je t’adressais, j’espérais que tu comprendrais. Ma sincérité, ma volonté, ma vérité. Ma vie telle que je l’avais établie : une vie pour autrui. Parce que c’était en donnant, en offrant que je me sentais vivante. Que je comprenais la raison de mon existence sur Terre. Petite fée aux ailes soulevant de la poussière de joie, j’avais grandi avec cette idée. Cette petite flamme dans mon coeur avait été déposé par un père aimant pour la mémoire duquel, je ne pouvais guère que m’efforcer à incarner cet espoir pour moi. Parce qu’en l’absence de quelqu’un, j’avais besoin de sourire et de gaieté sur vos visages. Je souhaitais, parfois malgré moi, indéniablement être aimée. Je m’étais presque persuadée que le contraire ne saurait être possible bien que consciente qu’en vérité, vous me subissiez bien plus que vous m’appréciez. Dans ce monde où chacun lutte pour sa survie, livre bataille chaque jour pour celle de ses enfants, ne conçois-tu pas comme les orphelins sont un poids ? Qui que je suis, aussi précieuse et prisée que je fus, je ne suis qu’une personne redevable à autrui de lui avoir permis de poursuivre sa vie. Peut-être était-ce aussi une façon d’alléger mon coeur que de me rêver messagère du bonheur. Une façon d’oublier, de me rassurer, de me voiler quant ô combien mon ombre se composait de la fusion du malheur et de la mort…

Mais au fil de mes paroles, je doutais, je redoutais que tu le prennes comme je l’entendais. Tes lèvres tu pinçais. Les traits de ton visage fermés, par une arabesque finale, je tentais de détendre. Rétablir cette atmosphère que j’avais plombée. N’aurais-je pas dû lâcher ses mots qui pourtant me tenaient à coeur ? Parmi tous les gens dans cet abri, Myungki tu faisais partie de ceux que je souhaitais le plus voir heureux. Parce que tu étais bon. Un coeur généreux comme on n’en croise plus tant. Mais quelqu’un aussi qui portait bien seul de lourds fardeaux. Tu n’avais point à poser tes yeux sur moi en pensant que ta vie tu échangerais volontairement contre la tienne. Pourquoi le ferais-tu alors qu’en rien, je ne le méritais ? Que rien ne le justifiait. Mais tu ne te contenterais pas de suivre mes volontés, n’était-ce pas ? En effet, lorsque tu pris parole, je le savais déjà. En partie, je présageais, ce que tu t’apprêtais à rétorquer. Du moins, le croyais-je. Tu me surprenais lorsque ta chaine, tu dévoilais. Sous mes yeux grands ouverts, sur la table entre nous, tu déposais cet objet que jusqu’alors, précieusement tu semblais cacher autant que ne jamais tu ne t’en séparais. Au son de ta voix, mon regard je relevais vers toi. Vers ton visage ferme, impassible, celui que je m’amusais à moquer quand tu travaillais. À moins qu’il ne fut un peu différent car l’envie de te dérider ne me prit. Je savais par la présence de ses plaques de métal ô combien tu devais être sérieux. Mais qu’allais-tu me dire ?

Et je ne tardais à t’entendre discourir. Je t’écoutais, sans t’interrompre. D’abord curieuse, un soupçon intriguée, rapidement tu me braquais. Je ne savais que penser pour commencer que tu me parles de ce sujet encore jamais abordé : cette armée pour laquelle tu avais oeuvré. Intéressée, je t’ouvrais mon esprit. Comment jugerais-je un système que je n’eus connu et que toi seul semblait pouvoir m’enseigner dans mon entourage ? Que tu sois impassible ne me perturbait. Telle une élève à son professeur, je t’accordais une oreille attentive. J’avais néanmoins, déjà relevé un point tant qu’elle ne nuit aux autres. Tu parlais, mais tu ignorais. Tu ne soupçonnais vraisemblablement à quel point malgré moi, j’appartenais indéniablement à la catégorie des nuisibles. Pour cette raison, qu’il fallait savoir prendre ce que je pouvais apporter de bon et me laisser m’envoler une fois le moment venu. Puis, mes sourcils se froncèrent. Les hommes que nous avons servis ont jeté une grande partie de leur soldats à une mort certaine, mon coeur se pinça. Sous la table, mes poings se serrèrent tandis que tu continuais. T’entendais-tu parler ? Avais-tu seulement conscience de ce que tu étais devenu ? Il semblerait que non. Alors, je te le rappèlerais, et à ton instar, sans ménagement. Mais avant que tu n’eus terminé, tu m’assénas d’un violent coup de poignard. Comme si mon coeur brièvement cessait de battre sous la douleur, mes yeux s’écarquillèrent. Ma gorge se noua. Ta dernière tirade, à peine, j’écoutais alors qu’au bord de mes yeux les larmes menaçaient…

Le regard bas, les lèvres suspendues, incapable de prononcer un moment, plusieurs instants dans le silence je demeurais. Mes nerfs je m’efforçais de contrôler pour ne pas fondre en larmes ou exploser. Lentement, j’inspirais. Avec fébrilité, j’expirais, mais je tenais bon. Un souffle, un son, d’une voix froide que tu ne me connaissais guère, voire pas du tout, je prononçais ton nom :« Kim Myung Ki… » Mes yeux se redressaient alors, les plantant franchement dans les tiens. « Que cherches-tu à faire ? Essayes-tu de laver ta conscience ou d’accabler la mienne ? » Question sèche à laquelle tu ne t’attendais probablement pas mais qui pourtant, me paraissait plus qu’évidente. Je n’étais pas certaine que tu ne cherchais inconsciemment de restaurer ton égo de héros ou que tu me soulignais tous mes torts, mes failles, mes défauts. Gamine insouciante qui parce qu’elle n’a rien connu du monde d’avant est par définition ignorante. Egoïste. Faible. Incapable pour n’avoir su guérir Hyunki. À moins que… Évidemment, qu’en aviez vous à faire de sa mort ? Pour vous, pour toi, il n’était qu’un membre de la Main Rouge. Pour nous captifs, il fut l’un des nôtres. Et pour moi, bien plus encore. Pourtant, tu te targuais protecteur des vies. Aurais-je froissé ta fierté en te demandant amplement d’oublier toute idée de sacrifice à mon égard ? De la fierté de soldat mal placé, voilà à quoi tes mots ressemblaient. « Tout d’abord, permets-moi de te dire que mon père était un de ces hommes. Un de ces politiques qui vous ont jeté en pâture et abandonné la Corée. » Fait que je n’évoquais jamais. À peine parlais-je de mon père habituellement, car tout ce qui le concernait m’était interdit. Car tout indice sur mon identité était à museler. Pourtant, aujourd’hui, je le faisais, sans détail, mais autant que tu saches que tu te tenais face à l’enfant d’un homme que pour sa seule fonction, tu méprisais probablement. « Ensuite… » Je sortis une main de sous la table pour effleurer de mes doigts tes plaques métalliques. « Je sais ce que ces chaines peuvent représentées pour toi, elles sont ta vie et ton passé, mais ne serait-il pas temps que tu comprennes que tout ceci est révolu ? » Que tu comprennes que malgré ce que j’avais à te dire, je ne te dénigrais pour tes mérites passés. Que je ne les sous-estimais, mais désormais, n’était-ce pas toi qui étais en-dehors de la réalité du temps présent ? « Ils sont beaux tes discours de soldats, d’humble héros de la Patrie ! » De railler avec une légère pointe d’amertume, je ne pus m’empêcher. « Mais la guerre n’est pas finie. La guerre n’est plus la même. » Tu ne parlais que de celle qui s’était achevée. Celle que tu avais menée, mais si vous en aviez terminé, la paix était pourtant loin d’exister. Peut-être ici, dans l’Abri, mais pas dehors. Certainement pas dehors et encore moins avec ces gens qui approchaient des Terres Désolées.« Tu as sûrement vécu de durs moments en tant que soldat, mais n’entends-tu pas l’ironie de ton discours, toi qui vient de passer 17 ans bien au chaud à l’Abri ? » Le terrain dont tu parlais était passé. « Ah oui, tu gardes la porte, la grande aventure ! » L’action dont tu parlais était passé. « Ça ne t’a pas dérangé pendant ces 17 années d’ignorer ces cadavres laissés derrière les murs ! » Et pourtant, tu demandais si tu devrais comme une question réthorique. Mais tu l’avais fait Myungki. Oui, tu l’avais fait pendant que dehors, chaque jour des gens mourraient, souffraient, luttaient et se démenaient.  « Ton expérience passée est un acquis mais avec tout le respect que j’ai pour toi, elle est obsolète. Tu connais peut-être le terrain d’antan, peut-être il y a-t-il quelques points communs, mais tu ne sais rien de réalité des Terres Désolées. » Le paysage n’avait plus rien à voir. Les menaces changeaient. En tant que soldat, tu avais servi. Tu avais dû souffrir, être éreinté, blessé, mais tu ne pouvais comparer. Tu ne pouvais calquer deux réalités aussi éloignées désormais. « Tu ne connais rien de l’omniprésence du danger, de la vie des clans… Tu n’as rien vécu de tout cela. Tu ne fais que parler, prononcer des paroles vertueuses, héroïques. Tu as en certains points raison, sans doute, mais comment t’accorder du crédit alors que tu vis dans ton passé. Tu es dépassé. Tu ignores la réalité du temps présent à l’extérieur. Je t’écouterais peut-être un peu mieux, le jour où tu sauras bien davantage de ce dont tu parles, en attendant, pendant 17 ans, tu n’as bougé Kim Myung Ki. Tu es resté à l’abri. » Tu parlais des gens, tu prônais l’humain, mais ils ne représentaient pour toi guère plus qu’une masse anonyme où, même si chaque unité avait son importance à tes dires, ils n’étaient que des ombres, des silhouettes sombres sans visage. Ces gens qui vivaient encore dehors, pour un certain nombre, je pourrais te dire leurs noms, une partie de leur histoire, les pertes et épreuves de leur famille. J’avais partagé des repas avec eux, parlé et ris aussi. Ne les revendique pas comme s’ils étaient ta croix et ta bannière alors que jusqu’à maintenant, tu n’as jamais cherché à les connaitre. Que tu es resté là à garder une porte qui leur était verrouillée. « Je suis heureuse si j’ai pu quelques instants incarner ton reflet dans le miroir pour te confronter à ta propre conscience, mais ne te méprends pas sur ton véritable destinataire. » N’avais-tu pas en vérité, chercher à te parler plutôt qu’à moi ? N’avais-tu pas tenter de débattre avec ta culpabilité, derrière un masque de marbre, en me la renvoyant en pleine face ? Ne te déchargeais-tu pas en remettant sur moi ? Sous couvert de me sermonner ? Avais-tu une estime de toi à soigner ? « Quant à ton sacrifice… » Je soupirais, m’adoucissant légèrement dans mon discours implacable. « N’as-tu jamais été sauvé par un frère soldat qui a donné sa vie pour toi en mission ? » Sans doute que si, le contraire serait assez surprenant pour un membre des forces armés, aussi jeune que tu étais de surcroit.  « Qu’as-tu ressenti ? » En as-tu été heureux ? À part te sentir redevable, peut-être chanceux, mais injustement, qu'en as-tu éprouvé ? Certainement pas de la gaieté à vos vies échangées. De la culpabilité, peut-être ? « Que dois-je ressentir quand les corps aux visages connus s’accumulent autour de moi ? Quelle est donc cette vie que la mienne pour que tant de personnes donnent la leur en échange ? » Ils n’étaient déjà que trop nombreux, ma famille, les Veilleurs. Et Hun aussi ! Nous étions séparés pour qu’il fasse diversion et malgré tous mes espoirs, depuis cinq années je n’ai jamais eu ni preuve ni trace de sa survie.


À cette pensée, à sa pensée, de nouveau, les larmes embrumaient ma vue. Mes membres, mes muscles se mirent à frémir, à trembler. Et pourtant, soudainement, je me levais. De ma voix nouée, je clamais : « Je suis née pour être une marchande de joie pas de mort ! » Cette dernière me poursuivait cependant partout où j’allais. Je ne voulais plus qu’un jour quelqu’un meurt à cause de moi. Pour moi. D’un geste vif, je pointais mon doigt sur toi : « L’ennemi que tu abats peut être la famille de quelqu’un. Ta vie que tu sacrifies est celle d’un père, d’un ami, d’un visage rassurant pour nombre d’habitants. Moi, je ne suis le rien de personne ! » L’ultime raison de mon existence aurait été auprès de Hun. Quand te l’ancrerais-tu dans le crâne au lieu de me prendre obstinément en pitié ? Tu pouvais te la garder ! Je n’en voulais ! Pas plus que tu envisages de te sacrifier pour moi ! Il y avait tant de monde qui avait besoin de toi, tandis que moi… Ne l’avais-tu pas si bien dit toi-même que je n’avais qu’à prendre ma liberté et vous laisser ? Que par mon existence, je n’étais synonyme que de souffrance ? Que mon espoir de vous apporter de la joie était vain alors même que tu ne savais pas ô combien, un jour à venir, je vous trahirais ?  « Et, tu as raison ! Je ne suis toujours que plaies et souffrances, alors je ferais mieux de partir sans plus attendre ! Le fardeau de l’Abri s’en va, mais ne te méprends pas : ce n’est pas ici que mon bonheur peut se trouver ! Je n’ai fait que rembourser ma dette envers l’Abri pour m’avoir sauvé et nourri ! » Ma voix s’étranglait. Sur mes joues, les larmes roulaient. Je tournais les talons, effectuais un pas pour m’en aller avant de le rétracter. De te faire face une dernière fois pour te jeter le contenu de la cruche d’eau dont je me saisissais en plein visage.

Chose faite, je m’en allais. Je m’enfuyais. Chacun de mes pas précipitant l’autre jusqu’à courir. Courir en direction des dortoirs. Débarquer en trombe dans la chambre où je logeais, animée autant par la colère que la douleur. Un sac je dénichais au sein duquel, je cherchais ensuite affaire à engouffrer. À cet instant, je me figeais. Ma réalité qui me frappait de plein fouet. En cette chambre, en cet Abri, en ce monde, il n’y avait plus rien que je possédais. Tout n’était que prêt. Le seul objet qui m’accompagnait, je l’avais perdu. Disparu… À cet effroyable constat, mes jambes lâchèrent sous mon poids. À même le sol, jambes repliées sous moi, sur les larmes, je n’avais plus aucun contrôle. En sanglot j’éclatais. Discrètement tout d’abord, lentement, entre lesquels, un mot je prononçais : « Hun… » Un nom, un appel que désespérément, je lui adressais.  « Hun… Je t’en supplie ! » S’il était au ciel, il m’entendrait. « Viens me chercher ! » S’il était en vie, son coeur le percevrait.  « Je t’en supplie, reviens ! » Entre chaque hoquet, péniblement j’articulais. La douleur dans mon coeur se vit de plus en plus vive. Un trou incommensurable remplaçait mon organe et  mes incessants sanglots redoublèrent d’intensité. J’en souffrais au point qu’un cri m’échappait.  « REVIENS-MOI ! HUN REVIENS ! » Mes cordes vocales semblèrent cisailler ma gorge au point que de ma main je l’entourais en guise de soutien. « Je ne veux plus rester ici… » Ce n’était plus possible. Lentement, mes yeux jusqu’à lors rivés en direction du ciel descendaient. « Je ne veux plus rester sans toi… »  Je n’y arrivais plus. En direction du sol, je me repliais.  « Reviens… Reviens-moi… » Recroquevillée sur le sol, allongée sur mon flanc, cette supplication je répétais dans un murmure étouffé par les sanglots s’affaiblissant mais mes larmes elles ne semblaient pouvoir trouver de fin. Puit aussi infini que mon chagrin…


When I look at you, tears keep falling I don’t know why Did you go round and round to come to me ? I can’t avoid this love Did you recognize me right away ? I will find you Let’s never be apart now From my side Don’t leave me
   
I Miss You
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MessageSujet: Re: Windflower #YeonKi Jeu 8 Fév - 9:40

Wind Flower
Under the same sky... I'm with you
Deux cœurs battant en dissonance.
Deux êtres dont la compréhension faisait défaut.

N’était-ce que nous étions à cet instant ? De tes mots précédents, je ne savais lire le message que tu souhaitais me transmettre alors que des miens, tu te méprenais foncièrement.  Deux âmes blessées et campant sur leurs idées mais Ô combien incapable de se battre correctement de front. Avais-je fait une erreur de jugement en voulant te considérer comme mon égale le temps de quelques heures, comme tu semblais le vouloir ? Pouvais-tu comprendre comment un homme tel que moi pouvait fonctionner ? Le doute s’installait empreint d’un regret que je ne saurais effacer pour t’avoir blessé. Car, si tes paroles je ne parvenais à comprendre lorsque tu évoquais ce bonheur dont tu étais messagère, celles de ta famille me frappait de plein fouet de multiples façons. La première fut de me rendre compte de l’impact de mes propos, de la violence que ceux-ci avaient pu avoir pour toi qui avait très certainement perdu parents et familles dans cette guerre. Je ne savais que trop bien combien des excuses s’avéraient inutiles dans cette situation, alors le silence je gardais bien malgré moi. Je n’avais d’excuses pour avoir formulé de tels propos et, ta rancœur, ta haine, je comprenais sans peine bien que l’accepter me semblait difficile. La seconde pensée fut ton absence dans l’abri au début de la guerre. Si véritablement ton géniteur faisait partie de ce gouvernement comme tu le disais, alors, à l’instar de bon nombres de militaire, de bon nombre de politiques, n’avais-tu pas ta place dans un abri ? N’était-elle pas réservée et n’étais-tu prioritaire ? Ne t’avait-il pas prévenu des tensions naissantes entre les différents pays pour que tu puisses te préparer au départ ?

Yeonwoo, pourquoi donc avais-tu vécu dehors, dans ce monde désolé et abandonné, détruit sans remord et sans retour possible ?

Alors que cette interrogation taraudait mon esprit, sans que jamais –je le savais- je ne puisse avoir de réponse, celui-ci tu venais chambouler d’un fait que jamais je n’avais pensé : ma présence dans l’abri depuis maintenant dix-sept ans. La moitié de ma vie fut passée entre ces murs de béton renforcés, à voir des gens partir sans savoir quand ils reviendraient,  à les voir revenir blessés ou, pire encore, avec de mauvaises nouvelles. Dix-sept longues années durant lesquelles, cette Terre que je connaissais par cœur, que j’avais foulée, protégée et sur laquelle nombres personnes j’avais guidés jusqu’à ce lieu de paix, avait drastiquement changé. Je le savais. Je ne le savais que trop bien et cet inconnu ne faisait que renforcé mes craintes pour ceux que je voyais partir quotidiennement. Pour toi, que je voyais partir en te sachant seule la plupart du temps. Pour Min Jae, cet enfant bien trop turbulent pour même tenir en place lors d’une mission. Mais jamais, un seul instant, l’idée de le quitter, de l’affronter, d’apprendre à le connaître ne m’était venu à l’esprit.

Peut-être ne m’étais-je trompé finalement.

Te considérer comme mon égal n’était l’erreur dans mon jugement précédent, ce fut d’oublier ton caractère bien trempé. Loin de caresser dans le sens du poil, loin d’avoir la langue bien gardée, tu étais de celles qui visaient ouvertement les points faibles de son opposant pour les mettre en valeur, qui blessait son égo et renversait sa confiance. Car de tort, tu n’avais pas totalement dans tes propos et c’était le plus dur à accepter dans un sens. Certains se seraient braqués, nombres d’adultes t’aurais renvoyé ton comportement des plus insultants et irrespectueux. Mais en tant que personne, qu’adulte telle que je t’avais considéré, ces propos étaient adaptés et recevables. Bien que blessants. Néanmoins, je ne savais t’en vouloir ; une part de moi certainement le ressentait un bref instant car tu appuyais sur des sujets sensibles ; mais je t’en étais reconnaissant. Bien plus que tu ne pouvais l’imaginer. Garder les portes de l’abri me permettait de protéger des vies, mais celles-ci avaient déjà été sauvées auparavant, elles n’avaient besoin de moi quand tant de personnes étaient là pour les protéger déjà. Mais dehors, celles qui criaient à l’aide, qui mourraient, qui souffraient, celles-ci qui n’arrivaient à atteindre ce lieu pour telle ou telle raison ; qui s’en inquiétait ? Je m’en inquiétais, je le savais, mais leur arrivée je n’avais fait qu’attendre. Jamais je n’étais parti les aider, les guider et les protéger sur la route jusqu’à nous. Comme le canidé obéissant que j’avais appris à être, je n’avais remis en question ce poste que l’on m’avait confié. Combien de vie avaient été prises alors que j’aurais pu les trouver et les aider pendant ces dix-sept années ? N’avais-je pas oublié que, nous autres, militaires, étions les premiers envoyés sur le terrain lorsqu’une catastrophe arrivait, qu’importe sa nature ?

Pourtant, le trouble tu n’arrêtais à ce seul point, un autre tu semblais avoir besoin de viser de tes crocs acérés de jeune félin. A sa simple évocation, mes lèvres se pinçaient de nouveau. Comme bon nombre de militaire, j’avais vu des confrères périr sous mes yeux, pour moi, pour d’autres, par accident ou au cours d’une opération qui avait mal tourné. Une des premières choses que nous comprenions était bien que la vie était fragile, ne tenait qu’à un fil ; bien que parfois c’était de preuves concrètes qu’il fallait l’apprendre. Les moyens de la perdre étaient si nombreux sur ce genre de théâtre d’opération que j’étais bien incapable de les imaginer tous un à un dans mon esprit, alors pensais-tu vraiment que, jamais, je n’avais eu affaire à ce type de scène ? Tu ne le savais que trop bien toi-même visiblement, puisque de ma réponse tu n’avais besoin pour continuer dans ta pensée derechef.
Ne pouvais-tu comprendre ? Ou plutôt, tu ne semblais parvenir à le comprendre, à l’accepter. Si sa vie un confrère sacrifiait pour ma personne, je ne devais vivre cacher le restant de mes jours pour préserver la mienne en retour. Jamais, un seul d’entre eux ne l’aurait accepté en m’observant de là-haut. Ce n’était une façon de le remercier pour ce sacrifice, ce n’était une façon de le lui rendre. Par sa seule volonté de sauver un frère d’arme, cette simple pensée honorable, respectable mais meurtrière ; celui-ci ne pouvait mieux le lui rendre qu’en protégeant une vie en retour. Une semaine après, un mois, voire vingt ans ou cinquante. Le temps n’était un problème tant que la volonté de le faire intelligemment était présente. Que ce soit un parfait inconnu que le devoir impliquait de sauver ou une personne qui avait sa place dans notre cœur, tant qu’une vie la nôtre sauvait, alors le sacrifice initial en valait la peine. Telle était ma façon de le voir, de le ressentir ; mais toi, comment le percevais-tu ? Arrivais-tu même à surmonter ces images, ces souvenirs te hantant probablement trop ? Ainsi, tu préférais mourir que de voir une nouvelle personne se sacrifier pour ta personne. La théorie j’entendais parfaitement, je ne pouvais que la comprendre après avoir vu nombre cadavres sous mes yeux, inconnus ou familiers ; mais en réalité…  En réalité, je ne savais qu’en penser. Devrais-je te laisser mourir pour que tu n’aies à souffrir d’avantage, te soulageant ainsi d’un poids trop lourd pour tes frêles épaules ? Ou devrais-je me sacrifier pour que tu me déteste d’avoir rajouté un nom sur cette liste déjà trop longue mais que tu puisses vivre rien qu’un peu plus longtemps ? Qui plus est, une promesse tu avais à tenir, aussi puéril et impossible fut-elle, l’espoir restait présent ; alors comment pouvais-tu préférer la mort à celle-ci ? L’avais-tu déjà oublié ? Avais-tu abandonné après ton enlèvement pour une raison qui m’était inconnue ?

Avant qu’une réponse je ne parvienne à trouver dans cet esprit désarçonné, te voilà debout face à moi. Les traits de ton visage j’observais attentivement, tes larmes je remarquais. Naturellement, ton mouvement j’imitais l’instant suivant, un brin plus lentement car troublé par la situation et tes paroles. Ta douleur, ta peine, je désirais les effacer ; ou à défaut d’y parvenir, que tu me les confies pour qu’elles n’entravent ces ailes qui étaient tiennes. Que tu parviennes à t’envoler, à retrouver cette légèreté qui était tienne avant tout cela, à rencontrer de nouveau cette liberté qui t’avais été arrachée. Même si ça signifiait entraver la mienne, elle l’était déjà alors qu’avais-je à perdre ? De ton doigt pointé vers moi, j’attendais que les foudres s’abattent probablement une dernière fois sans en connaître la violence. Car ce fut bien une nouvelle douleur que tu créais, un nouveau poids lourd à porter même pour moi. « C’est faux ! » lançais-je vivement à tes propos insensés. N’avais-tu pas ton petit frère adoptif qui, quelques minutes auparavant, était si heureux de te retrouver ? N’avais-tu cette enfant qui demandait si souvent après toi quand en mission tu partais ? Ne te rendais-tu pas compte qu’il y avait ici, des personnes qui tenaient à toi, qui t’aimaient et ne souhaitaient te voir mourir ? « Tu penses à Ji… » Pourtant cette phrase je ne parvenais à finir, dans ton élan, tu ne semblais disposée à m’écouter d’une quelconque façon. A la place, ce fut des propos insensés et irréfléchis qui passaient la barrière de tes lèvres, causés par la douleur et l’incompréhension de mes paroles précédentes. « Yeonwoo, j’ai pas dit ça. » Un souffle que tu ne semblais pas prendre en compte encore une fois puisque tu t’éloignais vers la sortie. Ma tête je venais à baisser, incertain quant au déroulement des événements. Devais-je te suivre ? Te retenir ? Te laisser partir ? Qu’elle était la meilleure solution dans cette situation qui semblait bien trop instable et délicate ? Avant qu’une décision je ne parvienne à prendre, tes pas j’entendais s’approcher de nouveau. Un mouvement pour lever les yeux vers toi et me voilà à le regretter.

Reflexes instinctifs, mes paupières j’avais fermées à la rencontre avec le liquide. Les lèvres j’avais pincées et mon visage détourné sur le côté légèrement. Sans un mot, de nouveau tu t’éloignais alors qu’une main je passais sur mes traits pour essuyer l’eau dont tu m’avais gracieusement, mais violemment, fait présent. En partie trempé, je restais sur place à me questionner quelques instants. Allais-tu véritablement partir ? Pensais-tu vraiment que personne ici ne tenait à toi ? De mes chaines, par automatisme, je me munissais, bien qu’autour de mon cou je ne les fixais. Dans ma poche celles-ci trouvaient une place en attendant et c’était rapidement que je quittais le réfectoire pour partir à ta suite. Ton rôle de leurre tu semblais remplir à la perfection à croire comme tu avais disparue rapidement, mais vers les dortoirs je me dirigeais en premier, par instinct. Si un endroit tu devais visiter avant ton départ, c’était bien celui-ci afin de prendre tes affaires. Alors rapidement, en petites foulées, je me dirigeais vers cette partie du bunker en espérant t’y trouver. Si tu n’étais là alors tu avais pris la fuite directement et te retrouver à l’extérieur deviendrait, bien entendu, impossible pour moi. Le dernier couloir je traversais aussi rapidement que possible, bien plus qu’avant puisque personne ne s’y trouvait, avant de pousser cette porte sans réfléchir, sans prévenir, je devais savoir si tu étais là et je n’avais guère de temps à perdre en frappant. Mes lèvres s’ouvraient, prêtent à t’appeler, mais je n’avais à le faire. Tu n’étais pas encore partie mais tu ne semblais vouloir rester non plus.

Plus lentement, discrètement, vers toi, quelques pas j’effectuais. Près de ta personne je posais genou au sol pour glisser une main dans tes cheveux dans un tout premier temps, geste affectif rempli de tendresse face à cette douleur qui t’habitait. Tu pouvais me repousser, je m’y attendais, félin trop fier pour être dompter de caresses, je ne te laisserais pourtant le temps de t’échapper. Ce cœur lourd je voulais panser, soulager en partie. Rien qu’un peu si je le pouvais… Délicatement, me voilà à te redresser, à t’entourer de mes bras pour, une fois encore, enfouir ton visage contre mon torse. Une main dans ta chevelure, l’autre au niveau de tes omoplates afin de t’éteindre ; sur ton sac et tes affaires je posais mes pupilles. Quand bien même tu pouvais être sauvage, tu ne l’étais au point de fuir sans affaires sur toi et j’étais heureux de l’apprendre. Car, ainsi, je pouvais t’empêcher de fuir pour retourner dans ce monde dangereux sans toit pour t’abriter la nuit. « Il y a des gens qui t’aiment et qui tiennent à toi. » Quelques mots que j’espérais que tu écouterais malgré ton cœur douloureux ; que tu n’oublierais jamais. Tu n’étais insignifiante, tu n’étais sans attaches, que tu le veuilles ou non ; dans l’abri, il y avait des gens qui t’aimaient plus que tu ne le croyais visiblement. Bien que personne ne pouvait t’aimer plus que lui.. « Restes ici le temps de le retrouver… » Soufflais-je doucement en accompagnant ces paroles de quelques caresses sur ta chevelure,  lentes et délicates, destinées à t’apaiser bien qu’elles risquaient de t’énerver davantage. « Même s’il te manque et que tu veux le voir au plus vite, ne pars pas à l’aveuglette sur un coup de tête. Ici tu peux rentrer le soir pour te reposer, tu as de la nourriture, un minimum de confort. N’as-tu pas besoin d’être en forme pour le retrouver ? » Loin de moi le désire de te manipuler d’une quelconque façon, mais n’avais-je raison ? Partir sur un coup de tête, sans toit à l’arrivée pour te protéger des créatures et des pluies acides, à devoir trouver un moyen de te nourrir, un lieu où vivre convenablement… N’était-ce là des prises de têtes en plus ? Des risques et une fatigue que tu avais moyen d’éviter en restant à l’abri ? Quand bien même celui-ci ne t’apportais ce après quoi tu courrais, immanquablement, il saurait te protéger le temps que tu parviennes à la trouver : ta véritable source de bonheur.



Hands covered with blood, my mind is broken, how can you feel safe being around a guy like me?
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"Je continuais à te sourire. Malgré une douleur au fond de mon coeur, ce fragment de soleil sur mon visage s’avérait sincère. Et si tu entrevoyais au coin de mes yeux, la pluie perler, rappelle-toi que c’est ainsi que naissent les arc-en-ciel." #YeonKi


Ra On
Rayon de Soleil filtrant à travers les nuages, de la chaleur de son sourire elle resplendit. Impétueuse et victorieuse, elle respire la vie à plein poumons. Enfermée, sa gorge s'assèche d'un désir de liberté. Princesse intrépide, elle défie fièrement le danger. Jolie effrontée qui sous son nom de naissance a hérité de la grâce de la Joie.


Yeonwoo
Clarté lunaire, caresse apaisante, du bout de ses doigts elle confère la douceur. Aimante, elle défend et protège ceux qui lui sont chers. Son esprit se déchire à la vue des conflits entre tous ceux auxquels elle tient. Insaisissable orpheline, elle est l'enfant de tous et de personne. File au gré du vent en quête d'un amour éperdu. Clair de lune dessiné par les nuages sous la bénédiction d'une pluie scintillante.




Elle est le soleil qui réchauffe,
l’orage qui gronde, l’étoile qui scintille,
la lune qui éclaire dans l’obscurité.





ϟ HUN ✭



I’ve never forgotten about you even for a single day
In this life, next life
Even if I can meet you I tear up because of you
Even if the sad fate’s shadow covers me
I can’t get rid of myself who loved you ♫




I miss you, I miss you so much, I can’t ever forget you
My tears, my heart is calling you
I love you, I love you so much, I can’t ever let you go
I’m lost behind you
So I’m only crying My Love ♫




My One and Only You
If only you can see
my frozen heart someday
Like a miracle, like a dream
I hope you will be there,
when I dreamed of you
Eventually, in the end,
I hope we will become each other's desperate wish




I Believe ღ



Explorateur Unité C • leurre
MessageSujet: Re: Windflower #YeonKi Lun 12 Fév - 1:04

Déferlante de mes tirades, si longtemps face à pareil assaut, tu étais resté muet dès lors que tu avais tenté de t’exprimer, je ne t’avais écouter. Ta voix pouvait bien claquer, elle ne saurait dominer la mienne. Les syllabes que tu prononçais, ne m’atteignais. J’étais partie trop loin. Bon gré ou malgré tu avais creusé jusqu’à la plaie. Celle qu’à mon coeur je portais. Je supportais. Tant bien que mal. Et je n’y parvenais plus aujourd’hui. J’en avais plus qu’assez. Je voulais me libérer. Presque crier au monde entier qui j’étais. Réellement. Mais le courage me manquait. L’envie peut-être un peu aussi. L’enfer qui de vous m’avait éloigné m’avait ouvert les yeux sur à quel point j’avais pu m’attacher, et m’enraciner au sein de cet Abri. J’avais fauté. J’avais transgressé une barrière invisible que je pensais avoir érigé. À l’instar de mes précédents foyers, j’avais cru qu’il me serait aisé d’apporter du bonheur, d’être appréciée sans être aimée. Je voulais m’illusionner comme pour ceux que j’avais eu à quitter contre mon gré. Pour alléger mon corps des poids qu’il a porté. Mais je grandissais et la supercherie n’opérait plus. Être une fée que chacun pourrait regarder s’en aller le coeur léger appartenait à la chimère. Aux contes de l’enfance. Ceux que j’aimais tant narrer. Ceux que je transposais à la réalité pour la rendre plus belle. Pour redonner des couleurs même à la noirceur, même au gris austère qui ornait les couloirs de l’Abri. Ne pouvais-je y croire encore un temps ?  Face à une évidence que je n’étais encore prête à accepter, face à mes propres responsabilités et à ma souffrance, je me rebellais. Mes foudres sur ta personne j’abattais et je m’en allais. Impossible à raisonner. L’esprit embrasé par les conclusions tirées dans sa douleur. 



Et de la douleur, j’en subissais mon lot qui sévissait dans mon coeur. Prête à partir, à m’enfuir, mes affaires j’entamais de rassembler avant d’être affligée par l’effroyable constat, qu’en ce monde, encore une fois, il n’existait rien qui m’appartenait. J’étais pauvre de tout : de biens, de famille, de racine et de passé. Ma seule richesse serait seule du coeur. Celle-là même à la source de mes présents malheur. Mes pensées s’embrouillaient. Une seule se détachait. Mes jambes ployaient. Dans la détresse et le désespoir, j’en appelais à mon unique repère. Le seul que je m’autorisais. Auquel je m’accrochais si fort qu’en ces instants, ma poitrine me fit mal à en mourir. Dans mes pleurs, je criais, je suffoquais. Dans ce chaos qui tambourinait à mes oreilles, je ne t’entendis approcher. Aveuglée par le torrent de larmes, ta silhouette j’aperçue à peine. Je crus Ji Hyuk de retour alors, instinctivement, d’un revers de la main, je me hâtais. Comme si je pouvais espérer balayer toute preuve de mes pleures en quelques gestes prestes. Il ne devait pas me voir ainsi. Mon coeur s’emballait. M’avait-il entendu ? Venais-je de lui révéler par mégarde mes desseins d’un jour m’en aller ? De lui désobéir ? D’avoir menti à lui aussi depuis tout ce temps n’ayant jamais cessé d’espérer pouvoir retrouver le garçon que j’aimais ? Dans mon affolement, je sursautais soudainement à la sensation d’une main se posant sur mes cheveux. Je me figeais. Un tel geste ne lui ressemblait. Alors, ma tête je tournais et ton visage je rencontrais. Pourquoi m’avais-tu suivi ? Ne venais-je pas de te jeter un verre au visage ? Ne t’avais-je pas fait comprendre que je ne souhaitais pas plus te voir que tu n’avais à subir de me supporter désormais. Après tout, je ne t’avais rien demandé. Au contraire même, ne t’avais pas inlassablement répéter de me foutre la paix ? Et pourtant, tu étais encore là, à côté de moi. Qu’étais-je pour toi ? Dans mes pensées embrouillées, tes propos se mélangeaient, s’emmêlaient et se contredisaient.



Tel un chat sauvage, ta main j’envisageais de chasser si le son de ta voix ne m’avait pas troublée. Dès les premiers mots, tu prononçais ceux qui comblait t’entendre autant qu’ils me terrassaient. Être aimée, acceptée, toute ma vie, j’avais toujours couru après cette reconnaissance que les autres enfants obtiennent généralement au moins de leurs parents, naturellement. Mais aussi, je savais qu’un tel désir me saurait être permis. Je n’avais pas le droit de réclamer à être sincèrement aimé car je ne le méritais. Mes yeux rougis qui te fixaient, le coeur en alerte, une sueur froide m’envahit lorsque tu évoquais de le retrouver. L’espace d’un instant, je demeurais incrédule et stupéfaite. Parlais-tu de lui ? Si oui, comment pourrais-tu le savoir…


Et je compris que probablement tu avais tout entendu. Tu savais qu’à point départ j’aspirais réellement. Que plus qu’une douce rêverie, j’attendais véritablement après des retrouvailles improbables. Les pensais-tu ainsi ? Que devais-je comprendre de ton intention ? Celle de me raisonner à rester, comme première étape pour accepter la fatalité ? Ou celle de m’encourager ? À persévérer, ne jamais abandonner et toujours me relever après être tombée. Alors que je te fixais, mes lèvres s’entrouvrirent. Timidement, péniblement, ton nom je prononçais : « Myung Ki… » Croyais-tu vraiment que je puisse prétendre à cette place dans l’Abri ? Que je puisse abuser de cette hospitalité dont j’étais une privilégiée alors qu’en un sens, mon intention reviendrait à vous poignarder ? Pourrais-tu réitérer tes dires si tu savais que je suis ? Le coeur à mal, en mal d’interrogation, ton regard je soutenais. Du son de ma voix cassée, enfin je te l’exprimais : « Il ne faut pas m’aimer… » Cette pensée, cette culpabilité qui me hantait, probablement encore décuplée par les conséquences de ma captivité. Tous ceux qui ici pouvaient m’aimer n’en serait que maudit. Je le savais. Chaque fois, le scénario se répétait. « À chaque fois, je disparais… » confessais-je la gorge nouée, les yeux baissés incapables d’assumer de soutenir les tiens tandis que je me remettais à pleurer. « À chaque fois, les gens qui m’aiment souffrent… Ils meurent… » Papa, maman, ceux qui ont tenté de me sauver lorsque j’ai été enlevé, ceux qui m’ont perdu si je puis me permettre d’espérer avoir compter pour eux. « Toi aussi, tu as failli mourir à cause de moi… » Sans moi, tu n’aurais pas contracté le choléra. Tu n’aurais pas subi ces semaines de calvaires en quarantaine à lutter contre la maladie. N’as-tu pas eu peur de mourir ? Ne m’as-tu pas haïs lorsque ta souffrance se faisait au plus aiguë ? Tu aurais pu, tu aurais dû. Pourquoi me proposais-tu de rester au lieu de me chasser ? Ne me retiens pas. Rejette-moi « Et si… » Un doute m’assaillit dans un murmure difficile. Je me mis à trembler. Mes yeux écarquillés, la tête je redressais. « Et si… lui aussi, il était mort ? » D’une voix paniquée, j’émettais la pire des angoisses qui puisse me hanter. Aussitôt, je me mis à m’agiter. Mes larmes s’accélèrent. Mon timbre grimpa d’un cran dans les aiguës. « Non ! Non, je ne veux pas ! » Spontanément, mes mains vinrent se saisir de tes vêtements auxquels j’agrippais mes doigts. « Myungki, dis moi que pas lui ! Que c’est impossible ! » Je le refusais. Je m’emportais, paniquais, suffoquais d’autant que je le refusais alors que la probabilité de cette vérité tentait de s’imposer dans mon esprit. Mais l’admettre, l’apprendre, serait plus que mon coeur saignait déjà abondamment ne pourrait le supporter. « Je préfère mourir que vivre sans lui ! » émis-je dans un chant de détresse entre deux sanglots de plus en plus saccadés. Mon coeur se mourrait déjà. « Si c’est sans lui, alors je veux rejoindre mes parents. » Puisque depuis longtemps, je considérais que je n’avais plus que lui. Puisque de la terre en direction de cieux, je leur avais promise que je serais heureuse grâce à lui, s’il n’était plus alors moi non plus. Alors autant rentrer là où ceux trouvaient les miens qui m’attendaient. 




Lentement, le visage en larmes, les gestes tremblants, presque hésitants, de toi je me rapprochais. De mes petits bras, je t’entourais. Les enlaçant faiblement autour de ton cou, reposant timidement mon menton sur ton épaule tandis que les aveux continuaient à pleuvoir autant que les sanglots : « Moi aussi, je veux pouvoir avoir enfin une famille. Moi aussi, je veux avoir une maman. » Mais pas n’importe laquelle : la mienne. Celle qui aurait été là pour me bercer, pour me câliner. Celle contre laquelle j’aurais pu me blottir quand j’avais du chagrin. Celle à qui j’aurais pu confier mes sentiments pour le garçon que j’aimais. Celle à qui j’aurais pu poser des questions, sur la vie, sur le monde, sur moi-même. Celle qui m’aurait conté la première les histoires que j’aimais tant répéter. Celle par laquelle il ne m’aura jamais été permis d’être chérie. Celle que la vie et votre satané guerre m’ont pris. Celle qu’au moins le jour où ma vie s’arrêterait, enfin je retrouverais. Celle dont je découvrirais alors les traits. « Je veux connaitre son visage ! » Je m’écriais, du moins de toute la maigre force dont mes poumons et ma voix se dotaient encore ballotés, étouffés par les sanglots qui brusquement décuplaient. À toi, je m’accrochais. Mes bras autour de ton cou, je resserrais mon étreinte. Point d’ancrage que je t’imposais être, je pleurais. Mes larmes n’avaient plus de cesse de se déverser. Rien ne semblait pouvoir me calmer. Apaiser mon chagrin et l’incommensurable plaie béante qui écartelait mon coeur. Mes nerfs lâchaient. Si mes secrets encore je taisais, l’immensité de ma tristesse je ne pouvais plus cacher. Plus refouler. Toute la détresse qui m’avait habité au cours des mois derniers, à présent, elle se manifestait. Si à la comparaison de mes compagnons de l’enfer, je m’en sortais presque incroyablement bien, ce fut sans doute autant grâce que à cause de mes fantômes bien plus anciens. Et l’une de mes plus profondes peines s’exprimaient oralement, pour la première fois depuis fort longtemps : ma solitude d’orpheline. Ce mal qui me rongeait de l’absence de famille, d’une véritable famille pour qui plus qu’un membre par extension qu’on affectionnerait un peu, j’aurais été la prunelle des yeux, la chair et le sang. J’aurais juste voulu, au moins connaitre ma maman.





Pendant si longtemps, depuis le jour où je l’avais rencontré, ce garçon que je cherchais était devenu ma raison d’exister. Ô combien j’avais pu m’attacher aussi à d’autres membres de mon clan, je ne jurais que par lui. Et parce que c’était plus simple aussi, je voudrais continuer ainsi. J’avais peur de perdre mon pilier. De ne plus jamais le retrouver. Tout comme j’étais perdue à cause de ce que mes relations avec vous, mes amis de l’abri, étaient devenues. Je ne savais plus. S’il n’était plus, la vie valait-elle seulement encore la peine d’être vécue ? Je ne me sentais pas la force de surmonter un deuil pareil, alors, je voulais continuer à espérer. Mais j’avais peur. Peur de la vérité. Peur de l’avenir. Peur de tout. Qu’importait si présentement, tu me voyais comme une enfant sous prétexte que je pleurais. L’ironie d’être enchainée à un statut que la vie ne m’avait jamais vraiment permis, jamais bien longtemps, ne m’atteindrait pas. Mon cerveau ne répondait plus. Seul mon corps tressautait au gré des sanglots tandis que blottis contre à toi, accrochée, raccrochée de mon étreinte je ne te libérerais. J’avais besoin de quelqu’un sur lequel m’appuyer. À l’instar de ce jour sortir de la fournaise de l’enfer, sur qui me reposer alors que mes forces peu à peu me quittaient. 




Tout devint noir. Je me sentis sombrer. Vague sentiment de vertige, l’instant d’après ma conscience m’abandonnait…


When I look at you, tears keep falling I don’t know why Did you go round and round to come to me ? I can’t avoid this love Did you recognize me right away ? I will find you Let’s never be apart now From my side Don’t leave me
   
I Miss You
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MessageSujet: Re: Windflower #YeonKi

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Windflower #YeonKi
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