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 [FB] Lost Kitten ft. Tôma

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MessageSujet: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Jeu 28 Sep - 22:05

Lost Kitten

Tôma & Yeonwoo

Le silence, et ses murs dénudés, assise sur le bord d’un des lits composant la pièce, mes iris s’osaient à observer ce sinistre décor. A l’exception des preuves de vie quotidienne de ses habitants, cette chambre ne me paraissait guère différence de celle dans laquelle j’avais passé les trois dernières semaines, nommée infirmerie. L’odeur particulière des produits médicaux se faisait plus timide, mais toujours présente, poursuivant le médecin résidant en ce lieu partout où il allait sur ses vêtements, dans ses cheveux… Une fragrance que j’associais à sa personne lui qui était l’un de seuls individus présentés à ma vue depuis que le destin avait décidé de me porter jusqu’ici. L’Abri 826. Le fameux Abri, cet endroit dont je n’avais eu que vent. J’en connaissais presque que le mépris voire la haine de ceux qui m’avaient éduqué au cours des cinq dernières années. Je n’en avais découvert que quelques visages. Ma mémoire incapable de les redessiner, quelques-uns de ces hommes m’ayant sauvée étaient venus me visiter alors encore alitée. D’après les dire de tous ces inconnus, une dizaine de jour s’étaient écoulés entre mon arrivée ensanglantée et mon réveil. Je me souvenais à peine. Je souhaitais oublier. Ne plus ressasser cette traque effrayante qui me hantait chaque fois que sur mes pupilles le rideau de mes paupières tombait. La peur, la douleur, le chaos, et ma complainte, cette supplique d’y retourner. Sur le dos de l’un d’eux transportée, de ma demie-conscience, de mes dernières forces, je les implorais de faire demi-tour, de le chercher, de le sauver… Deux semaines étaient ensuite passées avant que je ne sois autorisée à quitter ma cellule hospitalière comme je la définirai.  Et me voici désormais enfermée dans une autre ? L’homme, Shin Ji Hyuk m’avait sommé de patienter, d’attendre jusqu’à son retour pour le diner où il me présenterait sa femme. Mon instinct embrouillé, je ne parvenais à trancher s’il m’inspirait confiance ou méfiance. Grâce à lui, ma peau lacérée, déchirée garderait pour seules traces quelques cicatrices relativement discrètes. Mon visage épargné, mon corps aurait pu en conserver de bien plus graves et disgracieuses séquelles. A présent, il ne restait de traces apparentes que mes bandages d’ici de là sur différentes partie de mon corps. Dont mes bras… je le montrais devant moi, les effleurant de mon regard, condamnés à rester cachés au-delà de leur guérison. Prétendues lésions irrémédiables, elles ne seraient qu’un gage de mon mensonge, qu’une parade pour dissimuler bien plus effroyable : la marque du clan dont je provenais. Privée d’autres alternatives pour le moment, je me plierai à la volonté de mon tuteur qui avait tout fait depuis mon arrivée pour garder secret, plus que mes origines, jusqu’à mon identité…

Soudain, je me redressai, bondissant sur mes deux pieds dans un élan déterminé. Je ne saurais demeurer cloîtrée plus longtemps ! Etais-je réfugiée ou prisonnière ? L’un ou l’autre, prise au piège dans les entrailles de la Terre existait-il une réelle différence ? Si la porte de cette chambre n’avait pas été fermée à clé alors cela ne signifiait-il pas que j’étais libre de me déplacer où bon me semblait ? M’imaginait-il trop apeurée pour m’aventurer dans l’inconnu ? Si tel avait été le cas, ce fut une erreur car la porte lentement poussée, un pas après l’autre, j’en franchissais le seuil et foulais de mes pieds les couloirs de ce monde inexploré. Les mètres filent. Les minutes défilent. D’une encablure à une autre toujours le même décor. Labyrinthe d’acier, refuserais-tu de me laisser m’échapper ? Mais quand bien même, je tourne et tourne encore sur moi-même en quête de mon chemin, de la direction à suivre si je me résignais à revenir sur mes pas, mon esprit ne parvient à trouver la solution. Je me perds. L’air me manque. Je me sens suffoquée. Oppressée dans limbes de cet univers se revêtant de la parure des enfers, mes pas s’accélèrent. Mon cœur s’affole. Je veux sortir. Faites-moi sortir !Un virage, une ombre, je n’eus qu’à peine le temps de freiner des quatre fers avant de rencontrer un torse solide qui ne sembla même pas ciller à mon impact. Aussitôt, j’effectuai un bond en arrière. Les poils hérissés sur mon échine, je me fis chaton aux aguets, tandis que sur l’homme mon regard se redressait le long de sa silhouette jusqu’à découvrir les traits de son visage. Et ma méfiance ne fit que décupler. Prête à sortir les griffes, j’étais sur le qui-vive. Se ferait-il geôlier prêt à me ramener dans ma cage ? S’apprêtait-il à me punir pour avoir transgresser un interdit dans ce monde dont je ne connaissais encore les règles ? Qu’il s’y essaye, et j’attaquerais ! Qu’il m’assaille par les mots ou par les poings, je répliquerais !

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MessageSujet: Re: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Sam 30 Sep - 11:52


Tôma avait participé à une exploration plusieurs jours auparavant et avec son unité, ils étaient tombés sur une jeune femme. Il ne la connaissait pas mais pour dire mieux, il n'aurait jamais parié sur sa survie étant donné qu'elle avait été trouvé dans un piteux état. Tôma s'était demandé d'où elle venait, si elle faisait partie d'un des clans des indépendants ou juste qu'elle s'était perdue, sans pour autant en connaître la réponse. A cette époque, le soldat ne connaissait pas encore certaines spécificités. Aujourd'hui, il se moquait bien des indépendants, les fichant tous dans un même sac sans plus s'en préoccuper que cela. Après tout, ils étaient dehors depuis plus longtemps que lui, ils devaient en savoir davantage, mais n'avaient-ils pas subi les radiations ? La terre avait bien trop changé en quinze ans, le monde n'était plus le même qu'auparavant, celui que Tôma avait pu connaître avant d'être enfermé dans ce bunker. Six pieds sous terre, coincé dans une boîte de conserve.
Abandonnant un soupir, il quitta son lit pour rejoindre sa mère et lui annoncer qu'il allait se rendre un moment à la bibliothèque. Elle lui adressa un sourire, lui demandant de faire attention pour ne pas s'attirer plus d'ennuis qu'il ne lui en cause déjà suffisamment. Tôma n'était pas un mauvais garçon en soit, disons juste qu'il n'était pas du genre à se laisser faire ou à se faire marcher sur les pieds. Pour que lui et sa mère soient à l'abri des bombes nucléraires, son père s'était en quelque sorte sacrifié en acceptant de rejoindre les rangs de l'armée coréenne pour défendre ce pays. Ainsi, la petite famille avait pu avoir une place dans le bunker, en sécurité, mais privé de tout le reste. Tôma avait du faire preuve de violence pour se faire une réelle place dans cet endroit, ne parlant pas du tout coréen dans un premier temps. Plusieurs fois, des gardes l'avaient ramené à sa chambre, le visage tuméfié tout comme ses poings qu'il avait usé face à un adversaire qui l'avait agacé un peu trop.
Finalement, il quitta sa mère pour s'aventurer dans les longs couloirs sinueux de l'Abri 826. Il les connaissait par coeur et il aurait pu devenir aveugle qu'il saurait où et comment se rendre à la bibliothèque. Là-bas, il avait lu le plus grand nombre d'ouvrages, mais c'état l'une de ses seules passions dans le bunker. Puis, il y appréciait le calme qui y régnait à chaque fois qu'il s'y rendait. Mais alors qu'il avançait dans ce but, mains enfoncées dans les poches de son pantalon, une personne arriva assez vite et se cogna contre lui, faisant un bond en arrière tout de suite après.

« Fais attention où tu vas », se contenta-t-il simplement de lâcher avant de reprendre son ascension.

La personne en question était apparemment une fille, plus jeune que lui de quelques années. Elle semblait perdue, ne sachant pas dans quelle direction aller, mais si Tôma avait un peu mieux regardé, il se serait rendu compte qu'il s'agissait de la demoiselle qui avait été sauvée dix jours plus tôt. Néanmoins, il s'en moquait, son travail était fait et il préférait être tout seul plutôt que discuter avec n'importe qui. Il reprit donc sa route, ne trouvant rien de plus bizarre que d'ordinaire dans un premier temps, avant de sentir une présence dans son dos. Au début, il ne voulut pas se retourner, puis il le fit, rapidement, voyant que l'inconnue marchait à quelques pas seulement de lui. Tôma ne dit rien, pensant qu'elle allait peut-être dans la même direction, mais c'était pénible et il ne put se contenir plus longtemps.

« Tu veux ma photo ? » lâcha-t-il par-dessus son épaule.

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MessageSujet: Re: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Dim 1 Oct - 21:28

Lost Kitten

Tôma & Yeonwoo

A la vue de son visage, de son regard, mon esprit fut empli de méfiance. Je lui trouvais un air malfaisant, mais derrière mes petites canines pointues, je me riais bien de ce danger. J’avais pour habitude de croiser des traits bien plus ombragés au détour des couloirs de la prison de la Main Rouge. J’avais aussi pour loisir de tenter de les dérider, mais mes intentions ne s’avéraient pas toujours à leur goût. Ou pour certains, la plupart je n’en doutais pas, il s’agissait là juste d’un excès de fierté qui les empêchait de reconnaitre à quel point il m’appréciait. Auto-proclamée fille du Boss et petite princesse du clan, rien ni personne ne me faisait peur, pas même les coups dont j’ai pu être rouée, encore et encore. Tout autant de fois que je n’en démordais pas. Evidemment ici, les règles seraient différentes. Mon propre statut, je ne parvenais définir. Cependant, d’après les dire de ce médecin décidé à me prendre sous son aile, prestement, nul à part lui ne connaissait ma provenance de la Main Rouge. Par instinct de survie, je jouerai pour le moment le jeu du secret. Tandis que je m’attendais à recevoir injures, bousculade voire coups pour me punir, peut-être même saisi pour avoir osé m’échapper de ma prison, mes oreilles ne perçurent qu’un râle désintéressé. J’arquai un sourcil, les muscles de mon corps sur le qui-vive se décontractant en proie à la surprise. Incrédule, du regard je suivis sa silhouette de dos qui s’éloignait. Continuant son chemin comme si de rien n’était. Comme si je n’étais rien ! Ce qui en soit était profondément vexant ! Je ne me dotais de suffisamment d’assurance pour me permettre de tempêter pour ce manque d’amabilité. Alors par réflexe, je détournais les talons en redressant fièrement la tête. Puisqu’il était ainsi, moi aussi, je saurais l’ignorer comme s’il n’avait jamais existé… Sauf que lorsque je fis à nouveau face au couloir aussi désert qu’interminable, le voile froid de la solitude vint se déposer sur mes frêles épaules. J’avais l’impression de me tenir à l’entrée d’un tunnel qui me mènerait aux enfers… Je déglutis, ravalant autant mon appréhension que ma fierté, m’inclinant à faire demi-tour et finalement suivre ce charmant monsieur, seul être vivant rencontré jusqu’à présent en chemin.

A distance, je claquais presque ses pas, penchais la tête de temps à autre comme si j’espérais apercevoir un indice me donnant une indication sur le lieu où se rendait. Allait-il se restaurer ? Se rendait-il à une séance d’entrainement ? Mais quel genre d’entrainement ? A son travail ? Les histoires racontées étaient-elles donc avérés sur un réel fonctionnement en cité dans cet immense camp de réfugiés sous terre ? Oh non ! Il s’apprêtait à aller faire la grosse commission ? Dans les livres, les auteurs aimaient souvent de tels rebondissements ridiculisant. Je m’ébrouais de la tête pour chasser cette éventualité, lorsque soudain, sa voix s’éleva dans les airs. Sur l’instant, je cherchai brièvement s’il y avait une autre personne dans les parages, m’interrogeant sur le destinataire de ses paroles. Je dirigeai ensuite mon index vers moi-même, visiblement seule potentielle interlocutrice. Les mots m’échappèrent alors :
« Pourquoi pas, je pourrais toujours l’accrocher au-dessus de mon lit pour effrayer les mauvais esprits. »
Ah vraiment, quel individu désagréable ! L’Abri imposait une taxe sur le sourire ou quoi ? Entre ce type et le médecin, ça ne respirait pas la joie et la chaleur dans les souterrains ! Quant à moi, fidèle à mon caractère, j’oubliais de me taire et ne pouvait interdire à ma langue de rétorquer dès qu’une perche lui était lancée. Par réflexe, mes pieds s’étaient arrêtés tandis que du menton, je lui signifiais de continuer son chemin en m’ignorant comme il l’avait si bien fait jusqu’à maintenant. Et d’ailleurs, je n’étais pas certaine qu’il m’accorde un regard en cet instant, ne daignant point lui accorder le mien présentement. Cependant, sa remarque avait piqué ma curiosité alors une poignée de secondes écoulées, je me remettais en marche à sa suite, m’approchant plus près que précédemment, puis demandant de ma jolie voix innocente :
« Vous avez vraiment encore des appareils photos ici ? »
L’Abri et ses mille et un mystères. Je n’avais jamais imaginé y mettre les pieds et tout intérêt pour cette communauté s’avérait prohibé dans l’éducation qui m’avait été inculqué ces dernières années – même si j’ai pour aspiration première de m’extraire de toutes les barrières qu’on voudrait m’imposer – néanmoins, quitte à y être, je me faisais curieuse d’en découvrir davantage sur les trésors dont ils jouissaient. A quel point la vie pouvait-elle être différente ici, en compensation avec l’effarante absence du ciel et des astres visibles au-dessus de nos têtes ?

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MessageSujet: Re: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Sam 7 Oct - 16:22

Tandis qu'il tournait les talons à la jeune femme, Tôma eut l'impression qu'il n'avait pas réagi de la manière dont elle l'aurait peut-être souhaité - pensé. Que voulait-elle au juste ? Avait-elle fait exprès de lui foncer dedans ? A bien y réfléchir, le soldat ne le pensait pas. Alors, de quoi avait-elle réellement besoin ? De discuter ? Elle était bien mal tombée s'il s'agissait de cela... Tôma n'était pas du genre très bavard, ou bavard tout court. Il parlait quand il le fallait, ni plus ni moins. Il détestait d'ailleurs ceux qui brassaient du vent pour raconter n'importe quoi, déclarant que le silence les mettait mal à l'aise. C'était faux, ce n'était pas le silence qui les mettait mal à l'aise, c'était leur esprit psychotique qui pensait que quelque chose clochait quand le silence s'installait. Mais peut-être que ce n'était pas ça. Peut-être qu'elle souhaitait juste une certaine compagnie ? Là-dessus... Tôma n'était pas des plus doué non plus. Voulait-elle, plus hostile, une bagarre ? Le jeune trentenaire en avait fini de cogner sur tout ce qui bougeait. ça, c'était des années plus tôt, quand il venait tout juste d'arriver dans l'Abri et qu'il voulait faire ses preuves face à tous ceux qui pensaient qu'il n'avait pas sa place dans ce satané bunker. Quoi qu'elle voulait, en tout cas, Tôma n'était pas en mesure de le lui offrir. Pour cette raison, il avait enfoncé les mains dans les poches de son pantalon après avoir haussé les épaules et contourné la demoiselle.
Son but premier était de rejoindre la bibliothèque, ce fut donc ce qu'il reprit de faire. Ses pas résonnaient dans les longs couloirs sinueux dans lesquels il parvenait aujourd'hui à se repérer sans de trop grandes difficultés. Néanmoins, il s'aperçut très vite qu'il était suivi. Il se retourna pour abandonner une réplique bien cinglante sur laquelle la jeune femme eut légèrement du mal à se rendre compte que, oui, Tôma s'adressait bel et bien à elle. Il leva les yeux au plafond à sa réponse, puérile à souhait. Ils ne se connaissaient ni d'Adam ni d'Eve mais la voilà aussi familière. Tôma décida de mettre cela sur le compte de son jeune âge, probablement qu'elle n'était même pas encore majeure. Le soldat reprit cependant son chemin, espérant qu'elle finirait par se lasser toute seule, mais cela ne semblait clairement pas être prêt d'arriver. Mais elle vint plus proche de lui, et à cet instant, il sentit l'agacement déferler dans tout son corps.
Tôma fit volte-face très vite et ne se gêna pas pour s'imposer face à elle, la forçant presque à reculer de quelques pas, juste histoire de bien lui faire comprendre qu'il ne souhaitait pas s'encombrer d'elle.

« Ecoute, tu es bien gentille, mais je n'ai rien à t'offrir, okay ? Passe ton chemin et va ennuyer quelqu'un d'autre. »

Il aurait très bien pu l'attraper par l'épaule pour la plaquer contre le mur, mais il serait légèrement un peu trop dur pour ne pas lui faire mal au passage. Il se contenta donc de ces propos avant de passer une main dans ses cheveux, espérant ainsi que son énervement retombe et il reprit son chemin en accélérant le pas pour ainsi rejoindre la bibliothèque plus vite. Une fois sur place, il se hâta de se faufiler dans un rayon au hasard pour ensuite se rendre vers les romans qu'il adorait. L'image de la jeune femme lui revint en mémoire. Il songea qu'elle était pire que la peste à avoir voulu le suivre de la sorte mais... et si elle était un espion ? Non. Non, c'était ridicule, ce n'était qu'une enfant.
Tôma soupira, saisit un livre qu'il avait lu déjà plusieurs fois mais qui l'aidait généralement à se retrouver quand des sentiments si forts venaient s'insurger en lui. Plus loin, il visa un fauteuil sur lequel il s'échoua en abandonnant un nouveau soupir. Enfin tranquille ! Il ouvrit donc son roman, loin de se douter que sa précédente interlocutrice venait tout juste de débarquer dans la bibliothèque à son tour.

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MessageSujet: Re: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Dim 8 Oct - 13:40

Lost Kitten

Tôma & Yeonwoo

Ne fut-il pas le premier à m’adresser la parole ? Ne fut-il pas celui qui ouvrit le dialogue en me posant une question, même si, indéniablement, il n’y avait bonne réponse à lui donner pour le satisfaire. À l’exception peut-être d’un non monsieur, pardon monsieur, sauf qu’il avait mal choisi son interlocutrice. Certes je me méfiais, mais du haut de mes treize ans, je ne comptais certainement pas baisser timidement les yeux devant cet homme juste parce qu’il avait le teint d’un mort qu’on aurait déterré. Une comparaison tout à fait appropriée pour un habitant de l’Abri, selon mon avis. Enfin, cette réaction de m’envoyer paitre après m’avoir invité à converser – j’en concluais ainsi, sinon, il n’aurait eu qu’à continuer son chemin en m’ignorant, à nul moment, je ne lui avais demandé causette, je le suivais simplement afin de découvrir où ce couloir pouvait bien aboutir –, ne me surprit guère. Tout au contraire, telle attitude me parut presque familière. Comme un petit arrière goût de chez moi. Sans doute fut-ce là la raison pour laquelle, malgré la distance que je lui accordais de rétablir entre nous, discrètement, sans me cacher pour autant, je repris ma filature. Gentille ? M’offrir ? S’imaginait-il que j’allais battre des cils pour lui demander une confiserie ? J’étais peut-être encore jeune, mais non, à treize ans, je n’étais plus une enfant ! S’il avait cru m’impressionner à faire les gros yeux de sa voix grondante. Je n’eus esquissé quelques de recul pour seule raison que je ne souhaitais nul contact physique avec cet individu étranger. Ma fierté n’aurait toléré qu’il puisse entre résonner les battements de coeur légèrement affolé derrière mon regard effronté. J’appréhendais un peu, les coups et la violence pour réprimer mon impertinence, comme il était d’usage de m’asséner là d’où je venais. Il n’en fut rien et l’homme avait passé son chemin, me sommant d’en faire de même.

Malheureusement pour lui, le mien semblait bel et bien prendre la même direction que le sien. Qui pouvais-je ? Je veillais à ne pas le laisser disparaitre de mon champs de vision. Je redoutais d’en résulter encore plus perdue dans ce labyrinthe où chaque couloir se faisait miroir d’un autre. Une poignée d’instants néanmoins, et il n’était plus là. Seule une porte semblait pouvoir avoir servie d’échappatoire. Prudemment, timidement, je la poussais. Par-delà son seuil, je découvrais un trésor que je n’aurais pu imaginer : une bibliothèque. Alors les rumeurs étaient vraies. Ils en possédaient bien une dans l’Abri. Plus grande que je n’aurais pu l’imaginer. Ces trésors du passé… Même la collection de mon père sauvée, encore conservée probablement – je l’espérais –  chez les Veilleurs n’étaient pas aussi riche. Les yeux émerveillées, j’en oubliais l’homme qui m’y avait mené. J’explorais les allées, caressant les tranches des ouvrages de mon regard, ou du bout de mes doigts. Infime effleurement, je désirais tous les parcourir. J’étais curieuse de chacun de leur contenu, aussi divers que varié. Je finis par jeter mon dévolu sur un recueil de mythes et légendes. En quête d’un lieu où m’installer, j’aperçus alors l’homme bourru de tout à l’heure. Je m’apprêtais à l’ignorer, quand, je sentis mon esprit piqué. Mes pas me conduisirent jusqu’à lui. Je l’arrachai à ma lecture en faisant entendre ma voix, discrète mais franche et un soupçon sèche :
« Merci quand même. »
Du regard, je balayais vaguement le lieu afin de lui faire comprendre le sens de mon remerciement. Puis, je brandis le livre devant lui.
« Comme quoi, vous aviez bien quelque chose à m’offrir. À présent, ne me dérangez pas s’il vous plait. »
Le menton haut et fier, je tournai les talons et allai m’asseoir, non loin, dans le siège d’en face. J’effleurai une nouvelle fois la couverture du livre avant de l’ouvrir. Ses pages désormais ouvertes sous mes yeux, ceux-ci ne présentaient plus nul intérêt pour mon vis-à-vis qui m’avait guidé malgré lui jusqu’ici.  

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MessageSujet: Re: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Dim 15 Oct - 13:13

La bibliothèque. C'était sans aucun doute l'endroit préféré de Tôma depuis qu'il l'avait découvert. Il avait beau détester le bunker dans son intégralité, il n'en demeurait pas moins attaché à cette fabuleuse bibliothèque qui lui avait malgré tout permis de rester en contact avec "l'ancien monde". Ce monde qu'il avait du quitter et qui, à ce jour, ne ressemblait plus du tout à ce qu'il avait connu auparavant. Alors ce lieu calme, c'était son antre de paix où personne ne venait lui parler, personne ne venait l'ennuyer et où il pouvait se ressourcer, lire ce qu'il désirait encore et encore - jusqu'à ce que les portes se ferment bien sûr. Alors, installé dans son fauteuil, un bouquin ouvert dans ses mains, le soldat se laissa emporter dans cet ouvrage, ne pensant plus à cette fille qui l'avait suivi dans les dédales de l'Abri. Il ne l'avait pas reconnu, lui qui avait pourtant été l'un de ceux qui l'avaient découverte sale et abîmée quelques jours plus tôt. Mais qu'est-ce que cela aurait changé, de toute façon ? Ce n'était pas comme s'il serait allé poser une main sur son front pour prendre sa température ou lui demander comment elle se portait, ce qui avait bien pu se dérouler.
Malheureusement, lui qui pensait être confortablement installé pour ne pas se faire déranger de si tôt fut bien triste d'entendre la voix fluette, bien que directe, de sa précédente interlocutrice. Las, il leva le visage pour apercevoir la jeune femme qui brandissait un livre, apparemment ravie d'avoir atterrie dans un tel lieu. Tôma voulut lui répondre, trouvant clairement qu'elle ne manquait pas de toupet pour lui déclarer qu'elle souhaitait être tranquille à présent... C'était à ni rien comprendre ! Le Japonais passa donc une main dans sa chevelure en la regardant s'éloigner pour lire un peu plus loin. Quel comportement pour le moins désinvolte ! Et, bizarrement elle piquait sa curiosité. Tôma s'était construit une carapace sous laquelle personne n'avait envie de fouiner, mais cette demoiselle paraissait différente. Sans doute malgré elle, elle faisait ressortir une vieille personnalité de Tôma, quand il avait probablement son âge, des années auparavant.
Alors il finit par se redresser, abandonnant le livre emprunté sur le fauteuil derrière lui et s'approcha d'un pas décidé de son interlocutrice. Il plaça ses deux mains sur la table derrière laquelle elle était installée afin d'attirer son attention.

« Qui est-ce que tu es, hein ? lâcha-t-il. Tu n'es pas comme tous les autres, qui ne voient pas au-delà de ce qui leur est présenté. »

Il espérait sonder son regard, en tout cas ne jamais baisser les yeux avant qu'elle ne décide de lever le sien. Elle était jeune, mais elle inspirait une certaine maturité et Tôma était bien curieux de découvrir cela. Elle l'ennuyait, du plus profond de son être, mais en même temps il la trouvait étrangement attachante. Ou disons "attachiante" finalement.
Il finit par s'asseoir sur la chaise en face de la sienne, les bras croisés sur sa poitrine et il reprit quelques rapides secondes la parole :

« Je ne t'ai jamais vu dans l'Abri avant aujourd'hui. Est-ce que tu viens d'arriver ? J'ai aidé à te tirer de ton mauvais pas, mais je n'aurais jamais parié que tu sois en si bonne santé. »

Par déduction, il s'en doutait maintenant, que c'était "cette jeune fille". Et il attendait désormais une réponse.

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MessageSujet: Re: [FB] Lost Kitten ft. Tôma   Dim 15 Oct - 16:07

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Tôma & Yeonwoo

L’encre sur le papier, des trésors dont les gens du monde d’avant, avant la guerre avait oublié presque jusqu’à l’existence. L’ère du numérique qu’on l’appelait, d’après ce qu’on m’en avait enseigné. Un géant qui dominait, régissait le monde avant d’être balayé de la surface de la Terre par un souffle surpuissant, sort semblable à celui qui s’était abattu sur les dinosaures. Telle se dessinait dans mon esprit l’image de la toile des réseaux tissée par une araignée démesurée. On ne me le dirait jamais assez sans doute, je lisais trop. Je me représentais le monde comme une oeuvre à l’encre de Chine : belle mais vulnérable, portrait au visage si facilement déformé. A cet instant, l’ivresse du récit n’ayant pourtant rien de romancé m’emportait justement, encore une fois. J’en oubliais mon guide. Jusqu’à ce que de lui même, il me rappela sa présence. Je remarquai bien l’ombre de sa silhouette s’étendre face à moi. Je feignis pourtant le contraire. Seuls mes sourcils légèrement froncés trahir mon jeu d’actrice. Je me retenais, tentais de me concentrer pour ne pas redresser le nez et lui demander s’il était donc un pervers pour me fixer de la sorte. Puis, sa voix se fit entendre. Un petit déclic à l’oreille, une étincelle à l’oeil, je me redressais si tôt, prête et fière de proclamer mon identité : Park Ra On ! Mais seules mes lèvres s’entrouvrirent, consciente in extremis de la bévue que j’avais failli commettre. Ce son laissé en suspend t’offrit le temps de continuer sur ta lancée. Si une part de mon être se sentait toute électrisée d’avoir vraisemblablement attisée ta curiosité, l’autre n’en restait pas moins contrariée de sa lecture troublée. D’autant plus que je ne pouvais évincée toute la méfiance que j’éprouvais encore pour les habitants de l’Abri :
« A quoi bon poser des questions dont vous semblez déjà connaitre les réponses ? »
Je répondais à son regard, un léger rictus septique au coin des lèvres.
« Je suis Park Yeonwoo, fraîchement délivrée de l’infirmerie et sous la tutelle du docteur Shin Ji Hyuk apparemment. »
J’annonçais mon nom, non sans une certaine assurance, répétant par ce même biais, ce rôle qui serait dorénavant le mien au quotidien. Studieuse écolière qui récitait sa leçon. Mon livre sur la table reposé, je me tenais droite, ne cédant aucunement le pas à mon interlocuteur dans le jeu de la prestance. Il avait beau être plus vieux, plus grand, plus impressionnant, je ne me tasserai pas pour autant.
« Je n’allais pas mourir aussi facilement ! Et puis, puisque des personnes ont pris la peine de s’exposer au danger pour me sauver, n’est-ce pas un minimum que de survivre pour les en remercier ? »
Apparement, il faisait partie de ceux à qui je devais la vie. Inconscient, si ma langue ne suivit, mon visage lui se radoucit, dévoilant sa clarté de poupée, bien que mes paroles continuèrent à trancher par leur franchise sans détour :
« D’autant que je ne suis pas sûre de devoir vous en formuler davantage verbalement… Pourquoi avoir pris des risques pour sauver une vie dont vous ne donniez pas cher ? Cacheriez-vous un coeur plein d’optimisme et de bonté dévolue derrière un masque de fer ? Ou vous seriez-vous contenter de suivre les ordres et le mouvement de votre équipe ? »
Mes mots étaient le reflet de mes nombreuses lectures. Les livres avaient pour bonne partie inculqué mon langage. Tandis que de ma langue habile, je m’amusais de cette conservation, de mes yeux brillants, je continuai à soutenir son regard, un petit air mutin sur mon visage, comme si je tentais de souder son esprit pour y déceler la réponse. Réponse qui en vérité ne faisait nul doute dans mes pensées :
« J’en parierai un déjeuner sur la seconde option ! » la proclamai-je finalement, peut-être un peu bruyant, incitant mon instinct à barrer prestement ma bouche de la paume de main.
Retenant une envie de rire, je pinçais mes lèvres dans un petit sourire à nouveau dévoilée tandis que ma tête se rentrait entre mes épaules. Vain semblant d’espoir de me faire discrète. 

_________________
Even if the sad fate’s shadow covers me I can’t get rid of myself who loved you The person whom I feel like I can catch if I close both of my eyes The person whom I can feel even if I can’t see
One day of Love
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