Talking to the (phantom) moon... ft. JiHyuk
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Force (1) ~ Perception (3) ~ Endurance (4) ~ Charisme (5)
Intelligence (6) ~ Agilité (8) ~ Chance (2)



Ra On
Rayon de Soleil filtrant à travers les nuages, de la chaleur de son sourire elle resplendit. Impétueuse et victorieuse, elle respire la vie à plein poumons. Enfermée, sa gorge s'assèche d'un désir de liberté. Princesse intrépide, elle défie fièrement le danger. Jolie effrontée qui sous son nom de naissance a hérité de la grâce de la Joie.


Yeonwoo
Clarté lunaire, caresse apaisante, du bout de ses doigts elle confère la douceur. Aimante, elle défend et protège ceux qui lui sont chers. Son esprit se déchire à la vue des conflits entre tous ceux auxquels elle tient. Insaisissable orpheline, elle est l'enfant de tous et de personne. File au gré du vent en quête d'un amour éperdu. Clair de lune dessiné par les nuages sous la bénédiction d'une pluie scintillante.




Elle est le soleil qui réchauffe,
l’orage qui gronde, l’étoile qui scintille,
la lune qui éclaire dans l’obscurité.





ϟ HUN ✭



I’ve never forgotten about you even for a single day
In this life, next life
Even if I can meet you I tear up because of you
Even if the sad fate’s shadow covers me
I can’t get rid of myself who loved you ♫




I miss you, I miss you so much, I can’t ever forget you
My tears, my heart is calling you
I love you, I love you so much, I can’t ever let you go
I’m lost behind you
So I’m only crying My Love ♫




My One and Only You
If only you can see
my frozen heart someday
Like a miracle, like a dream
I hope you will be there,
when I dreamed of you
Eventually, in the end,
I hope we will become each other's desperate wish




I Believe ღ



Explorateur Unité D • leurre
MessageSujet: Talking to the (phantom) moon... ft. JiHyuk Mer 2 Aoû - 21:29
Talking to the (phantom) moon...
I know he is somewhere out there...
La tension dans l’atmosphère flottait à travers toutes les entrailles de l’Abri. Les visages dans les couloirs de métal feignaient à la croisée des civils que rien n’était, pourtant chacun s’interrogeait quant à la disparition de l’Unité E. J’en avais fait de même avec Ji Wook, lorsque sa petite main dans la mienne, je l’avais ramené à notre chambre du dortoir. Nous ne devions pas trop couver les enfants. Leur cacher le visage de la réalité ne saurait leur rendre service. En tout cas, tu n’étais pas de ce registre à élever ton enfant dans un tableau chimérique brodé au fil de soie. Les fils que tu maniais le mieux n’étaient-ils pas ceux pour recoudre la peau ? S’exposer aux blessures pour en guérir et devenir plus fort. Une blessure comme celle qui meurtrissait la chair de mon bras, mais que je taisais depuis mon retour.

Lorsque mon unité et moi-même étions revenus d’explorations quelques heures plutôt, le tumulte régnait au niveau 4 de l’Abri. Comme si la mystérieuse disparition de l’unité équestre n’avait pas suffi, les créatures du monde extérieur s’étaient attaquées à des unités en déploiement. A mon arrivée dans l’entrée de l’infirmerie, médecins et infirmières semblaient débordés afin de sauver la vie des blessés, ceux pour qui ils n’étaient pas déjà trop tard. Dans la fournaise de l’étage hospitalier, j’eus vent à mes oreilles qu’une horde de furie avait frappé. Un voile gelé se déposa alors sur les épaules. Du bout des doigts de ma main gauche, je vins effleurer mon avant-bras opposé, tirant un peu plus sur ma manche afin de le dissimuler. Luhan et toi étiez certainement trop occupés. Je ne voulais pas attendre au milieu de cet enfer empreint de l’odeur ferreuse du sang et des cris de souffrances. Je ne voulais pas entendre leur récit encore effaré de l’attaque. Je ne voulais pas revivre ses instants semblables que trop profondément ancré dans ma mémoire. Fantômes de mes songes agités qui la nuit parfois revenaient me hanter. Alors, j’ai fui. L’entaille dans ma chair n’était pas bien grave après tout. Je n’avais pas subi d’attaque, j’avais juste chuté en escaladant un amas de grava parmi les ruines de l’ancienne capitale.  J’avais senti le liquide chaud se répandant sur ma peau sous mes bandages qui n’avaient suffi à me protéger pleinement. Je dus serrée les dents pour affirmer ne subir nulle autre douleur que celles d’éraflures bénignes. Parce qu’il s’agissait de mon bras droit, parce que j’aurais dû le révéler à nu, je n’avais pu me résoudre à signaler la plaie à Xiao afin qu’il me procure les premiers soins, encore moins sous les yeux de Lia. Si elle apprenait que je porte la marque de la Main Rouge, elle qui leur voue une haine si féroce…

Alors, je m’en étais retournée. Bref passage au dortoir pour me laver, nettoyer un minimum la plaie plus profonde que je la pensais, me changer…etc, avant d’aller chercher Ji Wook à la garderie. Je me doutais que tu serais occupé jusque bien tard ce soir, alors nous dinâmes tous les deux. Comme bien des fois, je le couchai, gentil garçon avec lequel, en ton absence, nous détournions tout sous forme de jeu, même enfiler son pyjama, et s’il était sage, il avait le droit à une histoire. Ce soir ne fit pas exception. Je lui narrai un conte occidental dont je me souvenais du récit sans user de livre. Ma voix le berçait. « Mais le prince ne connut le cœur de la Petite Sirène. Il épousa une autre femme et la jolie sirène se transforma en écume de mer… » en arrivai-je à la conclusion de l’histoire, posant mes yeux sur mon petit frère profondément endormi, probablement depuis un moment. Un sourire affectueux se dessina de la pointe d’un doux pinceau sur mes lèvres du bout desquels, je vins déposer un baiser sur la joue de l’enfant. Que ce présent puisse lui apporter de jolis rêves. « Verras-tu l’océan dans tes songes cette nuit ? » lui murmurai-je d’une voix très discrète en me redressant, veillant à ne pas le réveiller. Je pris soin ensuite d’ajuster sa couverture avec toute la délicatesse que la nature m’avait conférée dans ce monde fait de brutalité et de destruction. Dans un ce geste, la douleur se rappela brusquement et vivement dans tout mon bras. Je grinçai, me pinçant les lèvres. Ramenant mon membre endolori vers moi, je le couvais de la paume de ma main opposée. Je fis lentement glisser la manche qui le recouvrait dévoilant le sang séché mélangé au liquide pourpre plus frais qui imbibait les fibres de mon bandage. En tenant Ji Wook par la main au retour du souper, tandis que nous nous amusions, j’avais senti  la chair ayant à peine commencé à cicatriser se déchirer de derechef. Une larme coula le long de l’arrête de mon nez. Chute dans le vide, elle s’écrasa sur le dos de ma main droite, raison véritable de ma peine soudaine. La Main Rouge, les furies et surtout le souvenir de celui qui restait, et resterait toujours aussi cher à mon cœur. Aussi éprouvant que cela puisse être parfois, aussi vain que cela puisse paraître, je gardais précieusement, tel un trésor, l’espoir qu’il vive encore. Si l’organe dans sa poitrine avait cessé de battre, le mien aussi se serait arrêté. J’étais certaine de les entendre encore, ses battements, même s’ils me paraissaient bien plus faibles qu’avant. Tambour qui s’essouffle et dont la mélodie se faisait désormais presque inaudible…

J’essuyai du dos mon index les timides perles salées s’échappant du coin de mes yeux en me relevant du bord du lit sur lequel j’étais assise, puis me retournai. Ce fut alors que je remarquai ta présence à l’entrée de la chambre : « Oncle Jihyuk ? » m’étonnai-je d’une voix soufflée avant d’être prise d’un hoquet. Instinctivement, je montais mes mains devant ma bouche, comme dans l’espoir d’en atténuer le son pour ne pas risquer de réveiller Ji Wook. Je pris une inspiration, m’illusionnant de me défaire et murmurai-je à ton intention : « La journée n’a pas été trop rude ? Tu dois être épuisé… » Un nouvel hoquet m’interrompit et ma main droite utilisée en barrière se plaqua derechef sur mes lèvres.


I Will Go To You Like The First Snow
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MessageSujet: Re: Talking to the (phantom) moon... ft. JiHyuk Ven 6 Oct - 11:15
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L'infirmerie n'avait jamais été un lieu calme. Il y régnait une ambiance électrique quelques fois empreinte des effluves de la mort, mais jamais elle n'avait été une pièce où la sérénité régnait. Les cris, les pleurs, la douleur et la peur, chaque émotion avait un parfum bien particulier, et si les visiteurs qui s'y pressaient régulièrement ne les sentaient pas, je n'en perdais pas mon odorat en changeant de patient. Ce soir-là ne faisait pas exception. Les membres mutilés, les visages terrifiés et les hémorragies encombraient chaque centimètre carré. Je fus rapidement dépassé par l'arrivée en masse des membres d'une unité débusquée par des créatures immondes, victime de l'homme et sa cupidité. « Il y en a encore beaucoup ? » L'exaspération coulait silencieusement dans mes veines alors que je gardais un calme implacable. Jamais je ne flanchais, trop conscient de l'importance d'un tempérament au sang-froid. Cette indifférence, je la lui devais. À elle. Pour m'avoir menti et quitté, pour avoir voulu explorer encore et toujours des régions arides et dévastées. Pour avoir rendu son dernier souffle sans même une pensée pour son fils qu'elle laissait derrière elle. Le muscle battant s'était changé en pierre, incapable d'éprouver quelques émotions que ce soit, si ce n'est pour cette famille qu'il me restait aujourd'hui. Dans les visages marqués par la stupéfaction, je reconnaissais néanmoins quelques collègues de Ra On, mais je ne la trouvais nulle part. « Toi ! » J'attrapais l'un des hommes réclamant ses soins. « Où est passée Yeon Woo ? » « Je ne sais pas, elle n'était que légèrement blessée il me semble. » Crétin. J'hésitais entre l'envie de vérifier ses dires et abandonner brièvement l'infirmerie, ou tout simplement m'occuper des pauvres malheureux qui revenaient tous plus amochés les uns que les autres. Si je m'étais interrompu un instant, les geignards savaient réclamer leur dû. « La ferme ! » Il était loin le temps où l'indiscipliné que j'étais avait eu le pouvoir de frapper sans retenue, aujourd'hui, je remplissais mes responsabilités et j'y trouvais par ailleurs une certaine satisfaction. Mais pour l'heure, je ne pouvais que me fier aux paroles d'un homme à la souffrance évidente et qui enraillait sa voix et sa lucidité, m'en retournant aider les blessés. Je bravais les hurlements pour suturer des plaies hideuses laissant des traces de sang sur ma blouse, trahissant une lutte à laquelle je m’étais accoutumé. Je ne m'accordais qu'un instant lorsque l'horloge sonna, me rappelant l'heure à laquelle Ji Wook sortait de la garderie. L'exaspération me frappa de nouveau, incapable de me libérer pour m'occuper de mon fils, j'espérais que Ra On soit effectivement rentrée saine et sauve, et qu'elle soit celle qui l'ait récupéré pour retourner le plus tranquillement du monde dans le logement qui nous était réservé. Le doute m’étreignait néanmoins, et incapable de me concentrer davantage, je saisis le combiné pour composer le numéro de mon appartement de fortune. La tonalité qui résonna sans s’interrompre m’acheva et je craignais le pire. Il était tout ce qu’il me restait, ma chair et mon sang, et même si elle ne m’était pas liée, je ne concevais pas non plus qu’elle puisse agoniser dans un coin. L’esprit vif et impatient, je composais alors le numéro de la garderie. « Ji Wook ? » « Oh bonsoir Ji Hyuk, il vient tout juste de partir avec Yeon Woo, elle ne t’a pas prévenu ? » Le soulagement se diffusa soudainement dans mes veines, relâchant un à un les muscles contractés et douloureux d’une angoisse que j’avais pourtant cherché à réfréner. « Dans le doute… Merci ! » Sans plus de cérémonie, je délaissais le téléphone pour de nouveau retourner auprès de mes patients, plus léger et plus serein.

Ce ne fut que lorsque l’infirmerie résonnait des respirations endormies et régulières des hommes et femmes blessés que je le quittais. Laissant derrière moi les hurlements qui m’avait bercé toute la soirée pour prendre le chemin qui m’amènerait jusqu’à eux. Je ne les vis pas tout de suite, ces petites perles écarlates qui accompagnaient mes pas. Elles brillaient sur le sol gris et terne, disséminées sur mon passage comme pour me guider. Le doute m’envahit, mais je ne pliais pas sous la tension qui parcourait à nouveau mes muscles, alerte et parfaitement conscient que tout pouvait arriver, et ce même dans un abri pourtant réputé sécurisé. J’entrai dans ma demeure, balayant la pièce du regard avant de me diriger instinctivement vers la chambre surprenant la jeune fille donc le visage témoignait d’une fatigue qu’elle ne pouvait me cacher. « Tu t’attendais à voir quelqu’un d’autre ? » Il ne me fallut que quelques secondes pour découvrir un anomalie, d’un bras trop raide et de ses traits crispés qui ne reflétaient pas uniquement l’étonnement qui luisait sans force dans deux prunelles noyées. « Rude… c’est le mot. » Je m’avançais vers elle avant de prendre place à son côté. « Et toi ? Comment s’est passée ta journée ? » Le buste de Ji Wook se soulevait à un rythme régulier et paisible, et je profitais de cette proximité pour planter sur son front un baiser doux et bref avant de reporter mon attention sur Ra On. J’effleurais volontairement son bras, provoquant la douleur qu’elle afficha sous une grimace à peine masquée. Un réflexe qui m’en disait long sur son état et sans plus attendre, je remontai sa manche pour découvrir une entaille profonde, laissant apparaitre la chair à vif. « Ra On… » La marque un peu plus bas sur sa peau m’arracha un rictus. « Est-ce que quelqu’un a vu ? »



 
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Clarté lunaire, caresse apaisante, du bout de ses doigts elle confère la douceur. Aimante, elle défend et protège ceux qui lui sont chers. Son esprit se déchire à la vue des conflits entre tous ceux auxquels elle tient. Insaisissable orpheline, elle est l'enfant de tous et de personne. File au gré du vent en quête d'un amour éperdu. Clair de lune dessiné par les nuages sous la bénédiction d'une pluie scintillante.




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MessageSujet: Re: Talking to the (phantom) moon... ft. JiHyuk Mar 10 Oct - 23:01
Talking to the (phantom) moon...
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Mon hoquet impromptu s’annonçant tenace fut pourtant rapidement balayé par le son de ta voix. Comme une douche à laquelle, je m’étais pourtant accoutumée. Néanmoins, je me demandais parfois, si je connaitrais un jour la chaleur d’un foyer souriant. Que ce fut aussi de ta famille où tu as eu la bonté de m’accueillir, ou dans ma vie d’antan en tant que membre de la main rouge, il semblerait que le sourire avait dû être répertorié dans le registre des délits. Alors, durant quelques instants, je cessais de me faire hors-la-loi. Sous une expression un soupçon sarcastique, je me rembrunis et rétorquai :  « Tu n’as pas perdu ton sens de l’accueil… » Ma voix demeurait basse, empreinte d’ironie, tandis que dans un discret soupir, je roulai brièvement des yeux. J’attelais à me redresser, remettre en place les plis de mes vêtements, gestes inconscients qui trahissaient malgré le fait que j’avais indéniablement quelque chose à cacher. Néanmoins, mon esprit se dissipait en quelques marmonnements râleurs de cette langue que nul ne saurait réduire au sort de l’inertie induisant son silence. Dans ma barbe – inexistante - je grommelais ces mots qui auraient pu, voire qui auraient dû être les siens s’il n’était pas aussi bourru. « Oui, c’est moi, Yeonwoo. Content d’être enfin rentré et de vous voir. Merci de t’être occupé de Ji Wook, Yeonwoo… » Evidemment, j’exagérais, surenchérissais, sachant pertinemment que tu n’accorderais pas attention à cette complainte qui en vérité, n’avait nulle valeur de reproche quelconque. Tu n’avais en rien à me remercier. Tu ne me devais point de reconnaissance pour le temps dont j’usais à prendre soin de ton fils. Je t’étais redevable et certainement pas l’inverse. Chacun de mes services rendus ne correspondait qu’à un remboursement de ma dette. Et encore… D’une part, je ne pourrais jamais rendre à sa valeur ce que vous avez fait pour moi, vous mes amis de l’Abri, toi particulièrement qui m’a protégé sans que je ne sache vraiment pourquoi. D’autre part, lorsqu’il s’agissait de Ji Wook, j’éprouvais plutôt la sensation d’une récompense. La joie de moment partagé en toute simplicité. Un doux bonheur que je ne méritais pas. Car un jour viendrait, je vous trahirais . D’un vague revers de main, j’évinçais mes murmures un soupçon provocants, m’apprêtant à te donner réponse.   « Comme une journée d’exploration… aish ! » Un sifflement irrépressible entre mes dents serrées m’avait échappé au contact pourtant léger que tu infligeas à mon bras. Sur mes traits, un rictus se dessina et je le transformais ensuite en expression de ma résignation forcée. Tu m’avais piégé. A tes yeux d’expert, ma blessure je n’avais pu garder secrète. Comptais-je vraiment le faire ? Je n’y avais pas vraiment réfléchi. Peut-être aurais-je tout simplement attendu que tu sois endormi pour ouvrir ton tiroir où tu conservais quelques désinfectants et autres produits pour notre usage personnel, toi, Ji Wook ou moi et surtout encore avant ta femme. Mais soudainement, un mot, deux syllabes, un nom résonna en écho dans mon âme. Ra On. Je me raidis. Mon regard se durcit à l’instar du souffle de glace dans ma voix : « Je m’appelle Yeonwoo, Park Yeonwoo. » Oui, je te corrigeai. Oui, tu le savais mieux que quiconque, toi, qui m’avait plus que vivement conseillé – ordonné ? – de taire mon prénom de naissance et revendiquer ce nouveau que tu m’avais donné. J’avais mis tant de temps à m’y accommoder. Aujourd’hui encore, j’en souffrais. De ce silence. Le désespoir de l’entendre à nouveau, de redevenir  Ra On, mais que plus les mois, les années passaient et plus je prenais conscience qu’il me serait douloureux de quitter mon identité de Yeonwoo. Alors, s’il y avait bien une voix de laquelle je ne souhaitais pas entendre ce prénom qui m’avait été ôté, c’était la tienne. Même si, paradoxalement, je m’y raccrochais car la seule encore en mesure de le faire.  « Personne n’a rien vu. C’est arrivé quand j’étais seule et j’ai veillé à ce que les membres de mon unité ne le remarque pas. » Conservant mon regard droit, mon timbre demeurait sur les mêmes ondes. Je n’avais pas commis d’imprudence. Ce fut juste une chute banale comme nombres pouvaient m’arriver en expédition. Je n’avais pas pris le risque d’en parler, d’exposer mon bras, ma peau dénudée, ma marque. Néanmoins, je me détendis au fur et à mesure de mes mots, portés par un souffle plus doux par-delà la barrière de mes lèvres. « Puis, à mon arrivée, j’ai vu comme vous étiez débordés à l’infirmerie. Je n’allais pas réclamer à te voir alors qu’il y avait de biens plus graves blessés. » Bien que tous les médecins et infirmiers connaissaient en principe tes consignes me concernant, que nul autre que toi ne devait m’ausculter, me soigner, dans un cas de cohue pareil, sans doute m’auraient-ils proposé de faire une exception ? Qu’arriverait-il vraiment si quelqu’un découvrait une partie de mon secret ? Avant, je me posais beaucoup la question. Perplexe quant au fait de savoir si j’avais à craindre des habitants de l’Abri, ou si, le seul risque reposait sur la rumeur, les informations qui se diffusent et auraient pu atteindre les oreilles d’un membre de mon clan. A présent, c’était différent. J’appréhendais d’autant plus que je savais à quel point nombres seraient blessés, et je craignais que mes sorties en exploration ne soient restreintes. Mes mouvements plus surveillés. Qu’on m’épit afin de s’assurer que je n’ai pour dessein d’y retourner. « Comment… Comment vont-ils ? » J’avais entendu les plaintes de douleur. J’avais fui. Présentement, ma gorge se nouait. Un voile froid se déposa sur mes épaules et je te demandais confirmation des ouïes dire : « C’étaient des furies, n’est-ce pas ? » S’il y avait bien des créatures que je redoutais de rencontrer sur les Terres Désolées, c’étaient celles-ci. Elle me terrifiait car je ne parvenais à effacer de ma mémoire ce qui s’était passé. L’attaque, notre séparation…


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